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SHEMSOU, la complexité du silence et du vide

  • scakhepri
  • 15 nov. 2025
  • 2 min de lecture

Les Shemsou se reposaient sous un bosquet d'acacias en plein désert. Dans ce moment suspendu, les défis ne les concernaient plus. Les étoiles continuaient à sortir de la bouche de Nout. La guerre était suspendue, le roi dormait au centre de la forteresse, protégé par quatre guerriers d'élite. Ils avaient raison de se détendre car le lendemain beaucoup affronteraient les sévères escarpements qui bordent la façade ouest de la Douat. Ils ne reviendraient plus mais ne le savaient pas encore. Ce passage dans l'autre monde s'accomplit dans la douceur, avec la complexité du silence et du vide.



Les Shemsou apprennent à repérer le moment où les mondes vont se heurter alors que tout est encore immobile. Le guerrier horien n'est pas un chasseur mais un guetteur attentif à tous les horizons.

Il faut trouver le mot autour duquel s'articule une phrase. Dans la langue hiéroglyphique, les signes sont mouvants, chacun d'entre eux ouvre de nombreuses pistes. Ils ne limitent pas la pensée mais lui donnent des ailes et nous incitent à ne pas rester inconsolables.


Ankhhapy avait fini par se demander s'il était réellement allé en Abydos, s'il avait participé à autant de batailles, si les ennemis de Kemet avaient eu le privilège d'être inhumés dans la nécropole de Ro Setaou. Il aurait préféré qu'ils soient livrés aux becs des oiseaux. Il aurait aimé passer se vie dans l'Ile souterraine du dieu décapité. Etait-il possible de mourir avant de naître ? Etait-il souhaitable de connaître tous les codes et de les intégrer ?


Des scribes shemsou ont rédigé le Livre de ce qu'il y a dans la Douat, l'Imy Douat. Ce n'est pas une fiction mais une remémoration des impressions ressenties lors des rites initiatiques. Rien n'est reconnaissable mais rien n'est tout à fait différent. C'est une relation amoureuse avec la discontinuité du Mystère qui nous habite.

Objectif des mystagogies : investir sans faille ce qui est plus noir que le Noir, là où sont enlacées la Vie et la Mort.


Pas d'action sans une réflexion préalable. Un Shemsou n'apprend pas à tuer mais à vivre. Il connaît ses points faibles, sait apprivoiser ses douleurs, ses doutes et ses peurs les plus enfouies. La violence implique une ascèse rigoureuse mise au service du divin irrigant l'univers.


Thot est l'initiateur de la sagesse et de la science égyptienne pratiquées par les Serviteurs d'Hor, des êtres spirituellement accomplis possédant une vision consciente de la réalité de l'univers.



La liberté consiste à ne pas être sous l'emprise de ses illusions, des mirages, des apparences et de la violence contagieuse.

Un esprit libre ne craint ni le relatif ni l'absolu, il est à la fois la flèche et la cible.

Si l'on accepte de tuer il faut aussi se résoudre à être tué ce qui est une autre façon de se surpasser.



 
 
 

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