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LE LABYRINTHE EGYPTIEN

  • scakhepri
  • il y a 9 minutes
  • 3 min de lecture

Il aurait été étonnant que les Egyptiens échappent au labyrinthe, à ses charmes et à ses sortilèges.


Le labyrinthe apparaît très tôt dans l'univers égyptien comme en témoigne cette gravure rupestre du désert libyque, entre -150000 et - 10000.



Ce type de gravure associant les thèmes du labyrinthe et de l'animal est quasi universel à l'époque paléolithique.

Europe comme dans le Val Canonica en Italie, Espagne, France, pays nordiques, Afrique du sud, Australie, Inde, Chine.

Un thème aussi récurrent pose question. Quelle est sa signification?

La thèse du labyrinthe figurant l'enclos où l'on enfermait les animaux sauvages est aujourd'hui abandonnée.

Il faut plutôt revenir au sens que les hommes de cette époque donnaient aux animaux, figurant sans doute des polarités, des étoiles, des constellations, des forces particulières de la nature.

L'association avec le labyrinthe peut alors se comprendre comme la figuration d'une région du ciel, un téménos pour capter les forces cosmiques, les courants, les fluides et les concentrer dans un enclos de réclusion initiatique, voire un parcours mystagogique.


Avec l'ère pharaonique, les labyrinthes se multiplient sur les sceaux de l'époque prédynastique à la fin de la VIe dynastie. Ces sceaux sont le plus souvent en stéatite.



En voici 4 d'une particulière complexité :





Les sceaux gravés sur une bague ou un pendentif étaient des objets royaux servant à préserver le secret d'un document.


Un homme aussi savant qu'Imhotep nous a laissé sous la pyramide de Djoser une architecture labyrinthique des plus étrange.




Tout un ensemble de couloirs couvrant plusieurs km mènent à un centre carré censé être la chambre funéraire du roi. Les parois de ces couloirs sont couvertes d'un magnifique décor de faïence bleu-vert. On y avait entassé des milliers de vases de pierre datant de l'époque de Djoser et des rois qui l'avaient précédé. Vaisselle luxueuse à usage rituel, destinée à un banquet dans la Douat.


Les textes égyptiens de toutes les époques mettent le labyrinthe en relation avec le KA puisant son énergie dans les zones de l'inconscient humain et ainsi qu'avec les canaux et le système d'irrigation assurant la fertilité et la richesse de Kemet.




Voici une table de libation au décor labyrinthique provenant de l'antique cité de Mendès dans le Delta, une région parcourue de canaux, semée de lacs, de marécages envahis d'énormes fourrés de papyrus et de roseaux pullulant de crocodiles.

On versait un liquide, eau, vin, lait à la surface. Il suivait les circonvolutions du labyrinthe avant de s'écouler à l'extérieur par les gargouilles situées à l'avant.

Les nombreux trous parsemant la surface servaient à placer des fleurs ou d'autres végétaux.

Dans la chambre centrale qui figure un bassin sacré est tapi un crocodile. Le saurien est entouré de 4 fleurs, deux grenouilles et deux oiseaux. Le crocodile, hypostase de Sobek, figure la fusion des éléments liquide et solide. Le Nil serait issu de sa sueur. Comme le Minotaure, il se dissimule au centre du labyrinthe pour dévorer l'imprudent voyageur.

Fleurs du monde végétal productrices de quintessences et de parfums, le parfum du netjer.

Grenouilles reliées en Egypte à l'idée de naissance et au liquide primordial.

Oiseaux comme agents volatils pour échapper au labyrinthe dont se souvint le génial Dédale.





Deux mille ans plus tard, nous retrouvons un labyrinthe en forme de serpent. Il se trouve sur le plafond zodiacal du temple de D'Esna en Haute Egypte. Figure-t-il une constellation ou un cheminement hasardeux dans le ciel de la Douat ?

 
 
 

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