IMN RIEN N'EST JAMAIS PAREIL
IMN-AMON, le temple habité par une présence insoupçonnée.
Pierres aériennes, légèreté de ce qui est en train de disparaître pour quelques instants ou pour toujours. Avec les dieux, il n'est guère indiqué de parler d'éternité.
Non loin de là stagnent quelques restes du NOUN dans un lac en forme de foetus. Je n'ose pas entrer dans l'eau pour aller à sa rencontre. Si le battement des ailes s'arrête, nous serons expulsés du paradis.
A Ipet Sout, dans le temple d'IMN, impossible de trouver le centre car il est divagant, se déplace au gré du vent, disparaît au moment où il devrait se manifester.
J'étais bouleversé quand le dieu s'approcha de moi. Pourtant je ne le voyais pas, je savais qu'il avait l'art de se rendre invisible, insaisissable, en liberté dans un temple mouvant.

Pour parler de lui, les exégètes usent de périphrases qui rendent le discours encore plus fuyant, plus extravagant, moins en phase avec la réalité objective. C'est un blasphème d'évoquer la réalité d'un dieu. Il n'existe que dans un absolu refusant de se manifester. Il est là où personne ne l'attend.
Est-ce le dieu qui vagabonde ou moi qui divague en essayant de le serrer de près ? Il pourrait se tenir dans la pénombre de la Wadjet ou dans le grand silence de la nuit. Il disparaît dès que se lève le soleil. Je le cernerai quand il n'existera plus.
Qui veillera sur moi quand il ne battra plus des ailes et plongera dans des extases aédiques?





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