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VOCABLES KEMITIENS EN ROUE LIBRE

  • il y a 2 jours
  • 3 min de lecture

IBIS NOIR ET BLANC : Thot. Il existe aussi des ibis rouges qui ne savent ni lire ni écrire les hiéroglyphes.


THEOCRATIE : Etre régenté par un humain se prenant pour un dieu. Une des meilleures formes de gouvernement à condition que le dieu soit bienveillant et le roi un bon garçon.


NOIR : On peut en broyer mais aussi s'en inspirer quand on est au début, difficile, de l'apprentissage des divins signes.



CENOTAPHE : Sorte de monument funéraire sans cadavre pour laisser croire que pharaon est mort.


MEDITATION : Peut servir à s'abstraire de la réalité avant de disparaître définitivement.


STATUES : Je les aime quand elles sont immédiatement séduisantes.


SCRIBES : Certains scribes, fils de Seshet, écrivent pour se sentir moins seuls, d'autres parce qu'ils n'ont rien d'autre à faire. Ne parlons pas de ceux qui aiment l'odeur fraîche des papyrus.


RITUELS : Pour se rapprocher des entités extra-terrestres qui vivent entre les plans sans leur faire peur ni les souiller. Une bonne technique de contacts subtils.


CORPUS FUNERAIRES : La curiosité qu'ils suscitent empêche les défunts de revenir chez eux, les encouragent à sortir de leurs tombes et de leurs mauvaises habitudes de trépassés récalcitrants.


DISPARITION : Nul ne sait où sont passés les talatates, les escaliers dérobés, les textes abandonnés en cours d'écriture, le corps de Nefertiti, les momies mal préparées des embaumeurs vicieux, les temples dont on ne connait que le nom, les enclos de réclusion des mystes, les camps d'entraînement des Shemsou Hor et les tavernes à bière des bords du fleuve. Même les égyptologues ont fini par se fondre dans le décor.


LE FILS DE HAPOU : conservait ses papyrus dans des coffrets précieux dignes des reliques d'un dieu vénéré par des millions de sectateurs. Il prétendait que le contenant était plus important que le contenu.


ARBRES : Il est déconseillé de grimper sur les arbres implantés dans les bosquets sacrés. Les génies qui les habitent vous prendraient en aversion. Evoquons les oiseaux dont la couvaison serait perturbée.


SOLITUDE : Les fennecs et les gerboises troublent peu le silence du désert. Dans les sanctuaires en ruine parler relève du sacrilège. Un bruissement d'ailes dans une tombe révèle la présence d'une divinité qui ne doit pas être dérangée dans sa solitude.


NAGADA : Les statuettes fantômes de Nagada sont-elles des fétiches accrochés aux branches des arbres, des génies tutélaires, des gardiens masqués, des formes inédites venues de galaxies lointaines ? J'aurais tendance à les considérer comme des Ancêtres intrigants.


TECHNIQUE DE L'EVEIL : Tout était anormalement calme et ce n'était ni rassurant ni inquiétant. Le Premier Prophète balayait à fond le couloir entourant le naos. Les balayeurs veillaient à la bonne combustion des encens. Rien de tel qu'un contre-emploi pour se tenir en éveil.


THERAPEUTE : C'était un thérapeute exécrable. La plupart de ses patients lui claquaient entre les mains. Etre expédié dans la Douat par un tel expert était une opportunité considérable qui mettait un terme à toute récrimination des familles. Une fois mort, on jouit d'une bonne santé définitive.


HISTOIRE DE KA : Je suis épuisé car mon KA baisse de l'aile. Je reste aplati sur ma natte. Je vole en rase-mottes, je n'écoute plus personne, les dieux me tapent sur les nerfs, j'ai mal partout, les ronronnements des chats ne me sortent plus de mon mal-être. Passé un certain cap, un KA ne peut plus se recharger. Il erre comme une âme en peine. Les oiseaux en savent beaucoup plus long que nous, particulièrement les huppes et les milanes.


DECALAGE : J'aime être en décalage avec le temps, les évènements, les gens, les livres et mes propres cogitations. Un décalage superficiel ou d'une insondable profondeur. Tout me devient indifférent. Le scarabée roule sa boule avec obstination, moi je la laisse divaguer dans les descentes. Je suis un mauvais scarabée mais personne n'a osé me le dire. Quand je n'ai rien à faire j'imagine que je suis un ibis basé à Hermopolis Magna.


SEUIL : J'avais décidé que tout serait exceptionnel dans mon vieux domaine de Kemet : le temple d'Esna dans son trou, le paysan désherbant ses laitues, le forgeron peaufinant un poignard royal, une fissure dans un bloc de granit, une formule magique, un chat enroulé sur le seuil pour neutraliser les ondes nocives.

Je passe mon temps à pister les enchantements du quotidien.


ENVOUTEMENT : J'ai auguré un moment que je finissais par être saturé de Kemet. J'ai fermé tous mes livres, mes grimoires et suis parti pour l'Inde et pour la Chine. J'avais oublié que l'Egypte est un puits sans fond, chaque jour plus vivante, plus possessive , bien au-delà des séductions temporaires. J'étais envoûté. Je m'acharnerai tant qu'il me restera un peu de temps.

 
 
 

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