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DE NOMBREUSES VIES

  • il y a 2 jours
  • 2 min de lecture

Nous vivons de nombreuses vies, dans une multitudes de lieux et une infinité de corps. C'est notre mémoire qui risque de tomber en ruine.

Je ne voyais plus très bien les Autres, ceux qui me suivaient passaient les portes avec moi sans sortir de leur silence. Je les avais côtoyés vivants, je les retrouvais morts, dans un état difficile à définir, dans une succession de mondes intermédiaires se jouant des apparences.


Le temple de Karnak est un organisme en gestation, édifié en pierres-talismans. Il propose aux pèlerins des itinéraires bizarres qui les laissent perplexes. Dans ces méandres les mystagogues disparaissent comme par enchantement. Je marchais lentement quand je sentis un souffle sur ma nuque. Ils étaient là, tout près de moi, disposés à nouer le dialogue. Le moment était exceptionnel mais d'une extrême fragilité présageant une disparition subite. Des craquements montaient du sol. Etaient-ils des indices anodins ou la résurgence de vieilles épouvantes tapies dans les bosquets de tamaris ?



Ce que je sais du dieu de Karnak n'est guère éclairant. Comment cerner l'Invisible, lui donner un corps, un visage , voir à l'intérieur de lui ? Je redoute de le réveiller ainsi que les Gardiens qui le protègent.

Je ne veux pas être un profanateur dans la chaleur mouvante de son temple, refusant de percer sa nature hermétique.

A midi, l'été, la chaleur est intense et mes idées deviennent incohérentes. Est-il encore possible d'aller plus loin à l'intérieur de ce brasier ? IMN nous encourage à profiter pleinement du Mystère qui émane de lui et nous donne le courage de l'affronter avec un soin méticuleux. En acceptent de le suivre, j'ai abandonné toute idée de retour.


Amenhotep Fils de Hapou : Réduis la distance entre le temple et toi. Les dieux sont derrière la porte que tu pousseras quand le moment sera venu d'explorer l'insondable. Ne considère plus les choses ordinaires qui n'ont pas leur place dans le temple.

 
 
 

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