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Un sarcophage plein de scarabées

  • il y a 1 jour
  • 2 min de lecture

KHEPRI : il est vivant parce qu'il se transforme en continu.

A chaque instant la situation est différente, les rythmes s'enchaînent. Au pied du mur, le scarabée sait qu'il n'a d'autre alternative que de grimper. Renoncer n'est guère envisageable.


Tout est plus soudain que ce que nous pouvons imaginer mais Khépri est le champion spontané. Il n'est déjà plus le même au moment où vous croisez sa route. Il est dans un ailleurs impossible à définir, traversant un territoire n'existant pas encore.

Je l'ai côtoyé des centaines de fois sans vraiment m'en rendre compte mais, grâce à ces rencontres, j'ai pu aller un peu plus loin et m'introduire dans les temples les plus hermétiquement clos. Khépri est une créature thotienne susceptible de toutes les adaptations.

Il contourne les obstacles et s'engage dans les failles où ne pénètre pas le soleil.



Il prend le temps de s'attarder sur les choses quand elles s'inscrivent dans des logiques divergentes qui, pour durer, ne doivent pas s'immobiliser.

Il est attentif à l'extrême quand il traverse un téménos où chaque grain de poussière est un univers en expansion.


Les scarabées se multiplient à l'intérieur des sarcophages sans pour autant dérégler un ordre à la fois rigoureux et souple.

Le Noir Khépri s'applique à rester un mystère ne traversant que très rarement les portes de la perception immédiate.

Il sait qu'il existe un point zéro et s'emploie à l'atteindre, à rester en-deçà de son influence.


Par la pratique des rites de circumambulation Khépri maintient le chaos à sa place, à l'intérieur de ses limites, là où il est toujours possible de jouer avec le hasard.

Scarabée ne prône pas l'abolition des limites mais leur extension dans l'espace. Si elles deviennent fixes l'aventure peut s'arrêter. Avec lui, pas de conclusion, pas de fin mais l'invention permanente de nouveaux scénarii, d'autres manières de penser, d'exister, de provoquer des changements., des flexibilités.


Khépri agit par contemplation rituelle et les plaques tectoniques continuent à glisser les unes sous les autres.

On se rend compte à la fin que l'histoire n'a jamais eu de commencement. Les observateurs découvrent avec stupéfaction que les rites égyptiens obéissent à des lois qui n'ont jamais été fixées.



 
 
 

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